La plante t’envoie parfois le tigre. Il est comme toi, jeune et fougueux, maladroit, la patte large, percluse de griffes. Il saute sur ta poitrine et ton corps s’alourdit. Ton souffle s’éteint presque, tandis qu’il t’emporte, les yeux larges, les babines retroussées.
Tu chasses avec lui. Tu t’embusques. À la nuit, ta prunelle s’élargit et la voix qui s’échappe rugissant de ta gorge résonne si loin que tu t’arrêtes parfois, te retournes… et ne trouves que toi. Cette empreinte ronde sur le sable de la berge. Ce sang lapé comme un lait chaud. Cette dent vivante, impatiente de percer. Que toi, l’enfant tigre.
Lors d’un de ses voyages dans la région du Rio Napo, une femme écrivain rencontre un vieux chaman, avec qui elle établit au fil des mois une relation quasi-filiale.
Qu’est-ce qui relie ces deux êtres ? Une même fascination pour le pouvoir sacré, poétique de la langue.
Peu à peu le vieil homme entraîne l’écrivain dans la forêt, réveillant des histoires au fil des promenades avec la geste époustouflante des chamans de sa lignée.
Un roman initiatique dont le personnage principal est la forêt. Une jungle tissée de mémoire menacée par la déforestation et l’exploitation pétrolière et qu’un vieux chaman protège, aujourd’hui encore, par la force de ses chants.

